La Commission Nationale des Frontières de Guinée (CNFG) s’est rassemblée en session extraordinaire ce mercredi, 25 mars 2026, pour traiter de dossiers cruciaux relatifs à la souveraineté du pays. Cette réunion, organisée au sein du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, fait suite aux tensions apparues récement autour de Koudaya et du fleuve Makona, avec pour ambition de traduire concrètement les engagements de paix pris par les chefs d’État en solutions techniques sur le terrain.
À l’entamme de la séance, le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le Général à la retraite Ibrahima Kalil Condé, a tenu à inscrire cette démarche dans une lignée historique et patriotique :
« Je commence d’abord à adresser mes remerciements au président de la République, son Excellence Mamadi Doumbouya, pour avoir initié la rencontre avec ses frères, ses homologues du Libéria et de la Sierra Leone. Et je profite de la même opportunité d’adresser mes remerciements à nos pères de l’indépendance, qui ont bien voulu, en 1963, se retrouver dans une organisation sous-régionale qu’on a appelée l’OUA. L’objectif de cette rencontre était de partager des initiatives entre eux, en privilégiant le principe de l’intangibilité et le principe de l’inviolabilité des frontières issues de la colonisation. »

Le Ministre a ensuite réaffirmé avec autorité l’importance de sécuriser les limites du pays, rappelant que la Guinée possède 3 399 km de frontières communes avec six nations voisines : « Nous avons une superficie de 245 857 km². Il faut retenir que cet espace ne sera pas hypothéqué. Aucun centimètre ne sera soustrait de ces 245 857 kilomètres. » Cette fermeté oriente les travaux de la session, qui doit établir les méthodes précises de délimitation et de bornage avec les voisins méridionaux.
Sur le plan technique, les enjeux sont complexes. Pour la frontière avec la Sierra Leone, longue de 652 km, les spécialistes se réfèrent au protocole du 1er juillet 1912 qui trace la séparation selon des accidents naturels ou des segments rectilignes entre points géographiques. La situation avec le Libéria (563 km) est plus atypique, car la convention de 1907 stipule que la frontière suit la rive libérienne du fleuve Makona.
« Autrement dit, la limite entre les deux pays ne passe pas au milieu du fleuve, mais sur la berge du Libéria », précise le document technique de la CNFG.
Cette mission, prévue pour une durée de 3 mois, doit permettre d’actualiser les plans bilatéraux et de fixer un calendrier d’exécution rigoureux. En s’appuyant sur les principes du Programme Frontière de l’Union Africaine (PFUA), la Guinée confirme sa volonté de muer ces zones de discorde en espaces de progrès partagé et de coexistence sereine.
Facinet Soumah

