Un début d’année diplomatique marqué par l’Afrique
En ce début d’année 2026, l’Afrique occupe une place centrale au sein du Conseil de sécurité des Nations unies. Conformément à la pratique établie, la présidence mensuelle revient à un État membre selon un ordre alphabétique. Pour le mois de janvier, cette responsabilité est assumée par la Somalie, marquant une étape symbolique pour un pays longtemps associé aux crises internes. Cette visibilité diplomatique intervient alors que Mogadiscio cherche à renforcer son image internationale. Elle reflète aussi une reconnaissance progressive de son engagement multilatéral.
La présidence tournante n’accorde pas de pouvoirs supplémentaires, mais elle confère une capacité d’influence sur l’agenda et les priorités des débats. Le pays président coordonne les réunions, facilite les négociations et représente le Conseil dans ses relations extérieures. Pour la Somalie, ce rôle constitue une opportunité de porter les préoccupations africaines sur la scène internationale. Il permet également de souligner l’importance du multilatéralisme dans la gestion des conflits.
Le retour remarqué de la RDC au Conseil de sécurité
Parallèlement, la République démocratique du Congo fait son grand retour au sein du Conseil de sécurité comme membre non permanent. Élue en juin 2025 pour la période 2026-2027, la RDC n’avait plus siégé dans cette instance depuis plus de trente ans. Lors du vote à l’Assemblée générale à New York, elle avait obtenu 183 voix sur 187, un score révélateur d’un large soutien international. Cette élection a été interprétée comme un signal politique fort.
Ce retour intervient dans un contexte national et régional complexe. L’Est de la RDC reste confronté à des violences armées persistantes, impliquant groupes rebelles et acteurs régionaux. La présence congolaise au Conseil est donc perçue comme une tribune stratégique pour plaider en faveur d’un soutien international renforcé. Elle offre aussi la possibilité de participer directement aux décisions relatives aux opérations de maintien de la paix.
Enjeux sécuritaires et crédibilité diplomatique
La participation de la RDC au Conseil de sécurité soulève des attentes élevées. Kinshasa devra concilier son rôle d’acteur concerné par les crises sécuritaires et celui de décideur collectif au service de la paix internationale. Cette double posture exige une diplomatie mesurée et crédible. Elle implique également une coordination étroite avec les partenaires africains et internationaux.
Pour la Somalie, la présidence tournante s’inscrit dans une dynamique similaire. Le pays demeure confronté à la menace du groupe Al-Shabaab et à des défis institutionnels majeurs. Néanmoins, son rôle au Conseil peut contribuer à renforcer sa stature diplomatique. Il illustre la volonté de plusieurs États africains de peser davantage dans les mécanismes de gouvernance mondiale.
Une représentation africaine sous observation
Avec la Somalie à la présidence mensuelle et la RDC parmi les membres non permanents, l’Afrique dispose d’une visibilité accrue au sein du Conseil de sécurité. Cette représentation intervient alors que le débat sur la réforme de l’organe onusien reste ouvert. De nombreux pays africains plaident pour une présence permanente du continent, jugée plus conforme aux réalités géopolitiques actuelles.
Les mandats 2026-2027 constituent donc un test important. Ils permettront d’évaluer la capacité des États africains à défendre des positions communes tout en respectant les équilibres internationaux. Ils offriront également un aperçu de leur aptitude à transformer une présence institutionnelle en influence politique réelle.
Entre symboles et responsabilités concrètes
La présidence de la Somalie et le retour de la RDC dépassent la seule dimension symbolique. Ils rappellent que le Conseil de sécurité demeure un espace où se croisent intérêts nationaux et responsabilités globales. Pour ces deux pays, l’enjeu est de traduire cette exposition en résultats tangibles. Cela passe par une diplomatie active, une communication maîtrisée et une cohérence dans les positions défendues.
En définitive, ce début d’année 2026 confirme une tendance à la montée en visibilité diplomatique de plusieurs États africains. La Somalie et la RDC incarnent, chacune à leur manière, cette volonté de participer pleinement aux décisions majeures de la communauté internationale. Leur action au Conseil de sécurité sera suivie de près, tant sur le continent qu’au-delà.
Facinet Soumah

