Les opérations de libération des emprises publiques se poursuivent dans le grand Conakry. Ce jeudi 5 février 2026, le marché du kilomètre 36, situé dans la commune urbaine de Sanoyah, a connu le passage des engins lourds chargés de dégager les installations anarchiques le long des principales artères.
L’intervention s’est déroulée en présence des autorités communales ainsi que des forces de défense et de sécurité, mobilisées pour encadrer l’opération et prévenir tout débordement.
Une opération précédée de sensibilisation
Selon Aly Mandé Mansa Keita, président de la délégation spéciale de Sanoyah, cette action n’est pas intervenue sans avertissement.
« Ils ont tous bénéficié de plusieurs jours de sensibilisation et d’information. Aujourd’hui, l’équipe opératoire est enfin sur le périmètre de notre localité pour l’exécution et la matérialisation de la décision de la haute autorité de l’État. Sanoyah, qui est l’une des communes de Conakry, s’est ralliée à cette décision », a-t-il déclaré.
Il a également précisé que des dispositions strictes seront prises avec l’ensemble des services de sécurité de la commune afin d’empêcher tout retour des occupations anarchiques après le déguerpissement.
Entre assainissement urbain et détresse sociale
Si les autorités justifient cette opération par la nécessité de rétablir l’ordre urbain et la libre circulation, plusieurs commerçantes touchées par le déguerpissement expriment leur inquiétude.
Mahawa Camara, vendeuse au marché de Sanoyah, confie son désarroi :
« Avec ce déguerpissement, je ne sais plus comment vivre avec mes enfants. Mon mari était policier, il est décédé et son salaire est bloqué. Ce commerce était notre seul moyen de survie. »
Même son de cloche du côté de M’Mah Soumah, vendeuse de friperie, qui lance un appel direct aux autorités, notamment au président Mamadi Doumbouya :
« Nous demandons de la pitié. Ce petit commerce est l’unique espoir de nombreuses familles. »
Une politique d’assainissement qui se durcit
Cette opération s’inscrit dans la vaste campagne de déguerpissement engagée dans plusieurs zones de Conakry afin de libérer les voies publiques, lutter contre l’occupation illégale et améliorer la mobilité urbaine.
Toutefois, elle soulève une fois de plus la question de l’accompagnement social des populations affectées, souvent issues de l’économie informelle, pour qui ces espaces représentent l’unique source de revenus.
En résumé
À Sanoyah, les autorités communales ont procédé à la libération des emprises publiques du marché du kilomètre 36 à l’aide d’engins lourds, après une phase de sensibilisation. Si l’objectif affiché est l’assainissement urbain, les commerçants déguerpis dénoncent une situation de grande précarité et appellent à la compassion des autorités.
Facinet Soumah

