Le Festival du film africain du Manitoba ouvre sa neuvième édition ce 14 septembre 2026. Plus de 60 films doivent rapprocher les cinémas africains de nouveaux publics au Canada.
La neuvième édition de l’African Movie Festival in Manitoba se déroule jusqu’au 20 septembre à Winnipeg. Elle rassemble des films produits en Afrique, au Canada et dans différentes communautés de la diaspora africaine. Le programme ne se limite pas aux projections. Il comprend des spectacles, des débats, des rencontres professionnelles et des activités communautaires. Plusieurs établissements culturels et universitaires de Winnipeg participent à cette semaine.
Une semaine et plusieurs portes d’entrée vers le cinéma
L’ouverture du 14 septembre se tient à l’Université du Manitoba. Le festival passe ensuite au Centre culturel franco-manitobain le 15 septembre. L’Université de Saint-Boniface accueille les activités programmées le lendemain. Du 17 au 20 septembre, la manifestation s’installe principalement au Winnipeg Art Gallery–Qaumajuq. Cette circulation entre plusieurs lieux élargit son audience. Elle rapproche aussi le cinéma des étudiants, des familles et des professionnels.
Pour sa neuvième édition, le festival annonce plus de 60 films. Le chiffre montre l’élargissement atteint par ce rendez-vous. Il ne propose plus seulement quelques projections isolées, mais une véritable semaine culturelle et professionnelle. Des œuvres liées au Cameroun, au Sénégal et au Burkina Faso figurent dans la sélection. La Tunisie, le Maroc et la Côte d’Ivoire sont également représentés. Cette diversité évite de réduire le cinéma africain à une région unique.
Une vitrine internationale pour des récits encore peu distribués
La visibilité reste un défi important pour de nombreux cinéastes africains. Leurs films circulent souvent dans les festivals avant d’atteindre les salles commerciales. Certains rencontrent même plus facilement un public étranger que national. Winnipeg devient ainsi un relais entre créateurs, distributeurs et spectateurs. Une projection peut ouvrir la voie à une nouvelle invitation. Elle peut aussi favoriser une coproduction ou une diffusion sur une plateforme spécialisée.
Le festival offre également au public canadien des histoires rarement présentes dans les grands circuits. Ces récits montrent des villes, des langues et des expériences très différentes. Ils corrigent progressivement les représentations simplifiées du continent. Cette année, le calendrier coïncide avec le National Black Canadian Summit. Ce rapprochement facilite les échanges entre artistes, chercheurs, responsables culturels et membres des communautés noires. Le cinéma devient alors un outil de dialogue collectif.
Former la prochaine génération derrière et devant la caméra
Le programme accorde aussi une place aux nouveaux professionnels. Le volet Manitoba Gaze met en valeur des réalisateurs émergents de la province. Des discussions et rencontres doivent les aider à mieux comprendre les circuits de production. L’édition présente également les travaux des participants à la Filmmakers Masterclass. Elle célèbre les premiers diplômés du Black Actors Foundry. Ces initiatives répondent à un problème dépassant la simple visibilité des films.
Il faut aussi former des techniciens, des interprètes, des producteurs et des scénaristes. Sans cet écosystème, une sélection en festival reste une réussite isolée. Avec un réseau durable, elle peut devenir le début d’une carrière. En neuf éditions, le festival a donc élargi son rôle. Il reste un lieu de projection, mais devient également un espace de formation. Le passage de l’écran au réseau professionnel constitue désormais l’un de ses principaux enjeux.
Du 14 au 20 septembre, Winnipeg accueille ainsi une Afrique racontée par ses cinéastes et ses diasporas. Plus de 60 films porteront cette pluralité. Leur défi sera ensuite de poursuivre leur voyage bien au-delà du festival.
Xolomo Tokpa


