La justice marocaine s’est prononcée, jeudi 19 février2026 à Rabat, à l’issue du procès de 18 supporters sénégalais et d’un Français qui avaient été arrêtés lors des heurts survenus durant la finale de la Coupe d’Afrique des nations entre le Maroc et le Sénégal. Tous sont condamnés, à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme. De plus, les avocats de la défense indiquent qu’ils vont faire appel.
Les 19 prévenus sont arrivés au tribunal deux par deux et menottés dans une salle d’audience étroite. Par ailleurs, dans cette salle, ils faisaient face à une foule compacte, constate sur place à Rabat notre correspondant dans la capitale marocaine.
Poursuivis pour « hooliganisme », accusation incluant des actes de violence notamment contre les forces de l’ordre, dégradation d’équipements sportifs, invasion de la pelouse ainsi que jets de projectiles, neuf d’entre eux ont été condamnés à un an de prison assorti d’une amende de 5 000 dirhams (environ 460 euros). Six autres ont été condamnés à six mois et 2 000 dirhams d’amende (180 euros). Enfin, les trois derniers à trois mois et à une amende de 1 000 dirhams (90 euros).
À l’énoncé du verdict, certains supporters sénégalais protestent. Ils refusent de se lever et de quitter la salle d’audience. « C’est une décision incompréhensible », estime Me Patrick Kabou, leur avocat sénégalais inscrit au barreau du Gers en France, dénonçant le fait que ses clients servent de « boucs émissaires ». « On prend acte de cette décision. On a un délai de 10 jours pour faire appel », ajoute-t-il. Un Français d’origine algérienne, jugé quant à lui pour avoir jeté une bouteille d’eau, s’est vu infliger une peine de trois mois de prison et 1 000 dirhams d’amende. Son avocat, Jaouad Benaissi, s’est dit « triste et déçu » à l’énoncé du jugement, rendu après une délibération qui s’est prolongée plus d’une demi-heure après la rupture du jeûne au premier jour du ramadan au Maroc.
Du côté de la Fédération sénégalaise de football, c’est la « sidération et le désarroi », raconte Bakary Cissé, le porte-parole de l’organisation.
SOURCE : RFI

