Le Botswana a autorisé la chasse de 23 éléphants pour les célébrations de son indépendance. Le pays fêtait ses 60 ans le 30 septembre. Les licences ont été réparties entre plusieurs districts. La viande devait notamment être distribuée dans des communautés rurales.
Le gouvernement a également autorisé l’abattage de plusieurs dizaines d’antilopes. Cette décision a déclenché des critiques de défenseurs de la faune. L’ancien président Ian Khama l’a aussi contestée. Les autorités défendent cependant leur politique de gestion de la faune.
Un pays qui abrite environ 130 000 éléphants
Le Botswana possède la plus grande population nationale d’éléphants au monde. Elle est estimée à environ 130 000 animaux. La majorité vit dans le nord du pays. Les zones de Chobe et de l’Okavango concentrent une grande partie des troupeaux.
Les 23 éléphants représentent environ 0,018 % de cette population estimée. Ce pourcentage paraît très faible. Le débat porte toutefois moins sur le seul volume. Il concerne aussi le principe d’utiliser ces animaux pour une célébration nationale.
Un quota de chasse en hausse en 2026
Le quota national de chasse aux trophées atteint 430 éléphants en 2026. Il était de 410 en 2025. L’augmentation est donc proche de 4,9 %. Les 23 animaux liés aux festivités représentent environ 5,3 % du quota annuel.
Le Botswana avait interdit la chasse aux éléphants en 2014. Cette interdiction a été levée en 2019. Le gouvernement invoque depuis la croissance des troupeaux. Il insiste aussi sur les conflits entre humains et animaux.
Les communautés rurales au centre de l’argument officiel
Les éléphants peuvent détruire des cultures, des clôtures et des points d’eau. Ils peuvent aussi blesser ou tuer des habitants. Des centaines de cas de conflits avec la faune sont enregistrés chaque année. Les autorités disposent d’un système de compensation.
Le gouvernement affirme que la conservation doit aussi produire des bénéfices locaux. Les revenus de chasse et la distribution de viande s’inscrivent dans cette logique. Les autorités veulent éviter que les communautés supportent seules le coût de la faune. Cet argument reste central dans leur politique.
Les défenseurs de la faune contestent cette méthode
L’Elephant Protection Society critique l’autorisation des 23 éléphants. L’organisation estime que les tirs peuvent perturber les structures sociales des troupeaux. Elle craint aussi une plus grande agressivité après certains abattages. Ces risques sont contestés par les partisans de la chasse régulée.
Les défenseurs de la conservation demandent davantage de solutions non létales. Ils évoquent notamment de meilleures protections agricoles. D’autres insistent sur les corridors migratoires et l’indemnisation. Le débat oppose donc plusieurs méthodes de coexistence.
Le quota de 430 éléphants représente environ 0,33 % de la population nationale estimée. Le quota de 2025 équivalait à environ 0,32 %. La hausse annuelle correspond à vingt animaux supplémentaires. Ces proportions aident à mesurer le débat au-delà des seuls nombres absolus.
Les autorités rappellent aussi que les quotas ne correspondent pas toujours au nombre réellement abattu. La décision des 23 éléphants ne confirme donc pas que tous ont été tués. Au 1er octobre, aucun bilan officiel complet n’avait encore établi le nombre effectivement chassé pour les festivités.
Une décision qui relance un débat ancien
Le Botswana avait déjà défendu sa politique face aux critiques étrangères. En 2024, le gouvernement avait même proposé d’envoyer des éléphants à certains pays européens. Cette provocation diplomatique visait les critiques contre la chasse aux trophées. Elle montrait déjà la sensibilité du sujet.
Le cas des 23 éléphants remet aujourd’hui cette tension au premier plan. Les autorités parlent de gestion et de bénéfices communautaires. Les opposants parlent de conservation et de risque de banalisation. Le véritable enjeu reste la coexistence durable entre habitants et faune.
Xolomo Tokpa


