Angélique Kidjo a lancé un appel à la coopération culturelle africaine mardi 29 septembre. La chanteuse béninoise s’exprimait lors d’un événement Spotify à Johannesburg. Elle participait aux activités entourant le festival Joy of Jazz. Son message visait particulièrement la nouvelle génération de créateurs africains.
Créer ensemble et raconter l’Afrique autrement
Kidjo a demandé aux artistes de dépasser les divisions du continent. Elle souhaite voir davantage de collaborations entre pays et disciplines. Selon elle, l’Afrique doit aussi mieux raconter elle-même son histoire. Cette idée traverse depuis longtemps son travail artistique et humanitaire.
La chanteuse a insisté sur la richesse culturelle du continent. Elle a cité la musique, la peinture, les livres et le théâtre. Kidjo considère ces formes comme des moyens de résistance. Elle encourage donc les jeunes créateurs à transformer cette diversité en projets communs.
Cinq Grammy Awards et dix-huit albums
Son intervention arrive à un moment important de sa carrière. Angélique Kidjo a 66 ans et compte plus de quatre décennies de musique. Sa discographie comprend désormais 18 albums. Elle a aussi remporté cinq Grammy Awards.
Ces chiffres illustrent une carrière exceptionnellement longue dans l’industrie musicale internationale. Ils donnent aussi un poids particulier à son appel. Kidjo parle comme artiste africaine ayant traversé plusieurs générations. Elle s’adresse désormais à un écosystème culturel beaucoup plus connecté.
Une première historique à Hollywood en août
En août 2026, elle a franchi une nouvelle étape historique. Le Hollywood Walk of Fame lui a attribué sa 2 854e étoile. La cérémonie s’est tenue le 18 août à Los Angeles. Kidjo est devenue la première artiste africaine honorée de cette manière.
Cette reconnaissance intervient plus de soixante ans après la création du Walk of Fame. Elle souligne l’évolution de la visibilité internationale des musiques africaines. Kidjo a consacré une grande partie de sa carrière à cette ouverture. Elle a collaboré avec plusieurs générations d’artistes mondiaux.
« HOPE!! » illustre déjà cette logique de collaboration
Son dernier album, « HOPE!! », est sorti le 24 avril 2026. Il réunit notamment Pharrell Williams, Ayra Starr, Davido et Nile Rodgers. Quavo, Charlie Wilson et PJ Morton participent également au projet. Cette diversité correspond directement au message défendu à Johannesburg.
Kidjo explique que les collaborations récentes sont aussi facilitées par les réseaux sociaux. Les échanges directs permettent désormais de créer des liens plus rapidement. Cette évolution rapproche des artistes séparés par plusieurs pays. Elle accélère aussi la circulation internationale des sons africains.
Une carrière construite entre plusieurs continents
La chanteuse reste profondément liée au Bénin. Mais sa carrière s’est construite entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique. Cette trajectoire lui donne une place particulière dans les discussions culturelles panafricaines. Elle appartient à une génération qui a ouvert plusieurs portes internationales.
Aujourd’hui, une nouvelle génération bénéficie d’un marché beaucoup plus connecté. Afrobeats, amapiano et autres scènes africaines circulent rapidement entre continents. Kidjo souhaite que cette visibilité reste accompagnée d’un contrôle narratif africain. Elle veut éviter que d’autres racontent systématiquement le continent à sa place.
La jeunesse au centre de son engagement
Son engagement dépasse également la musique. Elle est ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF depuis 2002. Elle a aussi créé la Batonga Foundation. Cette organisation soutient l’éducation et l’autonomisation des filles et jeunes femmes africaines.
Cette dimension explique la place importante accordée à la jeunesse dans son discours. Kidjo estime que les jeunes cherchent de nouvelles possibilités. Elle appelle les artistes établis à ouvrir davantage d’espaces de coopération. La création devient ainsi un outil économique, culturel et social.
Son message de Johannesburg résume finalement une carrière de plus de quarante ans. Kidjo défend une Afrique capable de produire ses propres récits. Elle encourage aussi des collaborations dépassant les frontières nationales. Pour elle, l’influence culturelle mondiale doit s’accompagner d’une stratégie collective africaine.
Xolomo Tokpa


